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Michel Feltin-Palas

Sur le bout des langues : pourquoi UN latin mais DES langues romanes ?

Retrouvez chaque semaine sur Fle.fr la Lettre d’information de Michel Feltin-Palas, rédacteur en chef à L’Express, consacrée à la vie du français, des langues de France et à la diversité linguistique.


Extraits et sommaire de la Lettre du 2 mars :

" Aujourd’hui, Français, Espagnols, Portugais, Italiens et Roumains ne se comprennent-ils plus. A l’origine, pourtant, ils parlaient tous latin. Enquête sur un apparent mystère...

On ne s’en étonne plus, et pourtant...
Voilà deux mille ans environ, les ancêtres des Italiens, des Français, des Espagnols, des Portugais et des Roumains parlaient une même langue : le latin. Rien de tel aujourd’hui puisque en 2020, les Italiens parlent italien, les Français français, les Espagnols castillan, les Portugais portugais et les Roumains roumain. Et encore, on simplifie car il faudrait également citer les nombreuses langues minoritaires elles aussi issues du latin comme le catalan, le sicilien, le corse, etc.

Reste la question de fond : comment est-on passé d’une langue unique à une multiplicité de langues ? Pourquoi UN latin mais DES langues romanes ? En fait, plusieurs facteurs ont conjugué leurs effets.

En premier lieu, il faut savoir que les Romains ont exporté non pas un, mais deux latins. Un latin officiel, celui de l’administration, de l’écrit, de l’école et des grands auteurs. Mais aussi un latin parlé, celui des marchands, des esclaves, des colons, des soldats... Un latin bien différent du premier, comme le français d’un préfet, d’un universitaire ou d’un grand écrivain est éloigné de celui en usage dans les cafés et les bureaux.

A ce premier facteur de différenciation s’en ajoute un deuxième. Ce latin oral variait selon la région de provenance de ces colons dans la mesure où, à cette époque, on ne parlait pas exactement de la même manière en Sicile et en Toscane. Si bien que, selon l’origine des occupants, le latin qu’ont entendu les populations conquises n’était pas le même.

La période de la colonisation joue aussi un grand rôle. Tout comme le français de Molière n’est pas le nôtre, le latin introduit dans les provinces soumises très tôt - en Espagne ou dans notre Provence, dès le IIe siècle avant Jésus-Christ - est assez sensiblement éloigné de celui apporté dans le reste de la Gaule, cent ans plus tard, et a fortiori en Roumanie, entrée seulement dans l’Empire au début du IIe siècle après Jésus-Christ.

Il ne faut pas oublier non plus qu’avant l’arrivée des Romains, les peuples utilisaient d’autres langues, qui ont contribué à modifier l’idiome apporté par les Romains. Dans l’actuelle France, le latin a ainsi subi selon les lieux l’influence du gaulois (des gaulois, plutôt), mais aussi celui du "basque" (l’ancêtre du basque actuel, plus précisément), parlé dans un grand triangle sud-ouest. Et ce qui est vrai chez nous se vérifie ailleurs. Le celtibère a transformé le latin de la péninsule Ibérique, le dace celui de la future Roumanie, etc."
[...]

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Egalement au sommaire de la Lettre :

  • Municipales : un questionnaire sur les langues régionales pour les candidats
  • Langues régionales : les enseignants répondent à la France insoumise
  • Suppression des langues et cultures d’origine : une vraie fausse annonce ?
  • L’allemand dégenré fait polémique

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Publié le 9 mars 2020
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