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Enseignement français à l’étranger

Projet de CAPEFE : les associations écrivent aux ministres

Les associations d’enseignants-chercheurs en didactique du français et des langues, ont adressé un courrier commun aux ministres concernés pour les appeler à revoir le projet de CAPEFE" class=" et à l’améliorer.

" class=" : certificat d’aptitude à participer à l’enseignement français à l’étranger.

Ce courrier commun est adressé aux ministres de l’Enseignement supérieur, de l’Education nationale, de l’Europe et des Affaires étrangères, par les associations ADEB, ACEDLE et ASDIFLE, avec le soutien du Bureau Universitaire de Liaison des Filières de Français Langue Étrangère.

En voici des extraits :

"Nous avons été informé.e.s du projet d’arrêté relatif à la création d’un certificat d’aptitude à participer à l’enseignement français à l’étranger (CAPEFE) que vous avez présenté aux instances nationales consultatives.

Selon le projet d’arrêté et ses annexes, le CAPEFE serait uniquement organisé par certains INSPÉ volontaires et, de fait, réservé à quelques établissements accrédités à délivrer le diplôme de master « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la Formation » (MEEF).

De même, il concernerait prioritairement les étudiant.e.s inscrit.e.s dans des mentions relevant de ces INSPÉ (notamment les mentions de master MEEF), ainsi que les personnels enseignants et d’éducation (stagiaires, titulaires ou contractuels). Enfin, ce certificat viserait, par « la formation d’enseignants qualifiés, titulaires de l’Éducation nationale ou recrutés locaux, [à] garantir l’excellence pédagogique » 1 dans le réseau des établissements d’enseignement français à l’étranger (EEFE).

Les signataires de ce courrier, enseignant.e.s-chercheur.e.s (en INSPÉ et/ou à l’université), associations et réseaux œuvrant dans le domaine de la didactique du français et des langues, se réjouissent que le MESRI et le MENJ se soucient de doter le réseau des EEFE d’enseignant.e.s formé.e.s aux problématiques relevant du français langue étrangère, seconde, ou de scolarisation (FLESS), de l’enseignement bi-plurilingue, et de l’enseignement/apprentissage en contextes alloglottes, plurilingues et pluriculturels.

Ils comprennent également la volonté de créer une validation ad hoc pour les enseignant.e.s qui relèvent de ce réseau, et soulignent l’importance du développement d’une compétence avancée dans une (ou plusieurs) langues autres que le français pour l’exercice des métiers de l’enseignement du/en français à l’étranger (cf. également les résolutions du Congrès mondial de la FIPF en 2016).

Il leur apparaît toutefois que les moyens proposés dans cet arrêté (épreuves, référentiel, etc.) ne sont en l’état pas pertinents pour les enjeux visés, comme en témoignent par exemple : l’anglais comme seule langue obligatoire de la certification (ce qui va à l’encontre des réflexions de la recherche, de la formation soulignées supra, et de la politique extérieure de la France en faveur de la diversité linguistique) ; les épreuves sans portée didactique et/ou sociolinguistique explicite ; le « référentiel » limité produit en annexe de l’arrêté ; ou encore l’absence de visibilité quant à la phase expérimentale actuelle et aux INSPE impliqués dans sa mise en œuvre.

Le dispositif prévu devrait en tout état de cause être largement revu et amélioré (tant au plan de la certification que de sa préparation) en tenant compte du vaste réservoir d’expériences et de compétences existant, en recherche et en formation, dans le domaine de la didactique du français et des langues.

(...)

Dans cette perspective, nous demandons à ce qu’un groupe de travail pluricatégoriel, regroupant de manière transparente, des enseignants-chercheurs qualifiés dans le domaine du FLESS, des représentants des associations professionnelles concernées, des structures impliquées (AEFE, Mission Laïque, MESRI, MENJ), soit constitué.

Celui-ci aurait alors la charge de penser, dans un calendrier précis, des contenus et des modalités de validation des compétences pertinents pour l’intervention pédagogique dans la diversité des contextes concernés.

Cette collégialité inclusive nous semble en effet indispensable pour la qualité de la formation et de la certification, puisqu’elle serait ainsi fondée sur l’articulation avec les formations existantes et sur le partage d’expérience avec les formations, les enseignant.e.s chercheur.e.s et les associations impliqué.e.s depuis longtemps dans ce domaine et que nous représentons."

En savoir plus :
Lire le courrier dans sa version intégrale

Et aussi :
Enseignement français à l’étranger : les mesures annoncées le 3 octobre 2019

Publié le 17 février 2020
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