Enseignement supérieur ’’international’’ : vraiment ?
Sous couvert d’enseignement international, des enseignements universitaires uniquement en anglais se sont développés dans toute l’Europe, ce qui s’assimile à une forme d’hégémonie économique et culturelle dont les conséquences à terme peuvent être désastreuses.
La circulation des connaissances est évidemment un enjeu essentiel, mais le monolinguisme est un risque majeur. Une recherche féconde ne saurait se satisfaire d’une seule langue. Défendre et promouvoir les langues est une chose, installer le monolinguisme dans l’enseignement et la recherche en est l’opposé.
En France, depuis les premiers établissements scolaires internationaux, dont la référence est le lycée international de Saint-Germain-en-Laye, jamais l’ouverture internationale n’a signifié l’éclipse de la langue française.
Dans ce type d’enseignement, dont les sections européennes et plus généralement les classes EMILE- Enseignement d’une Matière Intégré à une Langue Étrangère sont les héritières, les matières sont partagées entre deux langues et sont complétées par l’apprentissage d’une ou deux autres langues étrangères.
Cela n’a rien à voir avec un enseignement en anglais exclusif qualifié abusivement d’enseignement international.
On peut se demander pourquoi l’enseignement supérieur ne s’est pas inspiré des décennies d’expérience développées dans l’enseignement pré-bac.
Il y avait un exemple : l’université franco-allemande, créée en 1997 par accord entre la France et l’Allemagne en application du traité de l’Élysée de 1963 était une anticipation sur l’espace européen de l’enseignement supérieur en gestation.
Les universités européennes se doivent de promouvoir à la fois l’identité européenne et la diversité des langues et des cultures en Europe.
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