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Enseignement français à l’étranger : un rapport et 147 recommandations


La députée Samantha Cazebonne a remis lundi soir son rapport sur l’enseignement français à l’étranger à Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Ce rapport très attendu dévoile 147 recommandations pour insuffler une nouvelle dynamique à l’enseignement français à l’étranger, dans un contexte budgétaire difficile et un environnement de plus en plus concurrentiel.

Etat des lieux 
 
Le rapport de Mme Cazebonne commence par un Etat des lieux précis afin de comprendre les raisons de l’attractivité de l’Enseignement français à l’étranger, mais aussi les « sujets qui font débat ou créent des tensions ». Le réseau de l’AEFE comprend près de 500 établissements dans le monde. Il compte aujourd’hui environ 1.000 cadres expatriés, 5.000 enseignants titulaires de l’Éducation nationale et payés par l’AEFE, 3.000 titulaires de l’Éducation nationale en contrat local, et 25.000 enseignants en contrat locaux. Par ailleurs la MLF (Mission laïque française) est à la tête d’un réseau de 109 établissements d’enseignement français à l’étranger scolarisant plus de 60.000 élèves dans 38 pays.

Le budget consolidé de l’Enseignement français à l’étranger est approximativement de 2,3 milliard d’euros par an. L’État Français verse d’une part une subvention de 380 millions d’euros, par l’intermédiaire de l’opérateur AEFE, et d’autre part environ 100 millions de bourses individualisées. Ces moyens ne sont pas mis à la disposition de tous les établissements, en effet, les ressources diffèrent selon que les établissements soient en gestion directe, conventionnés ou partenaires.

« Une autre approche des moyens est nécessaire, explique Samantha Cazebonne dans le rapport. Une redéfinition de notre conception stratégique de ce que doit être le réseau d’enseignement français à l’étranger, autour de l’AEFE, un décloisonnement et une meilleure coordination de l’ensemble des acteurs qui y participent, qu’il s’agisse de création ou d’intégration au réseau de nouveaux établissements partenaires, de la construction de stratégies locales permettant d’articuler notre réseau avec les associations FLAM et les acteurs étrangers de l’enseignement en français et du français ; filières d’enseignement bilingue ou trilingue, cursus de double diplômes, écoles européennes ou internationales, associations locales d’universitaires et enseignants de langue française͙, englobés dans une stratégie plus large de développement de la francophonie et du plurilinguisme, sont des conditions sine qua non si l’on veut respecter l’objectif fixé ».

147 recommandations pour réaffirmer les ambitions du réseau
"Ce rapport propose des stratégies à court, moyen et long terme, explique la députée. Chacun a un rôle à jouer pour créer les conditions pérennes d’un fonctionnement de qualité, vertueux, plus équitable pour les familles et l’ensemble des personnels" avec à la clé une organisation plus autonome, plus agile, plus à l’écoute du terrain.

Parmi les mesures les plus emblématiques :
Une plus grande contextualisation des attentes locales
Une gestion des ressources humaines garantissant plus d’équité (Une offre de formation tournée vers le plus grand nombre, valorisation du retour en France des enseignants)
Une qualité de l’enseignement sans équivoque (l’homologation comme l’outil de garantie qui doit vraiment rassurer).
Une gouvernance plus participative (proposition d’augmenter le nombre de sièges dévolus aux fédérations de parents au Conseil d’administration de l’AEFE, modifier les règlements intérieurs afin de donner aux parents élus plus de prérogatives dans les établissements…)
Une gestion financière et immobilière optimisée qui associe mieux les parents d’élèves (permettre l’investissement et le développement immobilier en dehors de la subvention publique... )
Une prise en considération des enjeux et défis que doit relever l’EFE afin de participer, entre autres, au rayonnement de la France à l’étranger.

 
Le rapport préconise également de considérer que "les élèves qui ont réalisé tout ou partie de leur scolarité dans un des établissements français à l’étranger homologués et qui justifient d’un baccalauréat français reçoivent un traitement identique aux Français ou étudiants européens, quelle que soit leur nationalité, quand ils choisissent de poursuivre leurs études supérieures en France͘".

Le développement de ce réseau est une chance pour le rayonnement international de la France, la députée Cazebonne insiste sur « l’impérieuse nécessité d’enfin agir ». Reste maintenant à attendre quelles actions concrètes seront adoptées par les parlementaires dans les prochains mois.

Source :
LePetitJournal.com

Publié le 6 février 2019
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