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Michel Feltin-Palas

Sur le bout des langues : 7 idées reçues sur les langues d’outre-mer

Retrouvez chaque semaine sur Fle.fr la Lettre d’information de Michel Feltin-Palas, rédacteur en chef à L’Express, consacrée à la vie du français, des langues de France et à la diversité linguistique.


Extraits et sommaire de la Lettre du 25 février :

"Les langues minoritaires de métropole sont mal connues ? C’est encore pire pour leurs cousines d’outre-mer. Voici une petite antisèche :

Outre-mer, on parle partout le créole. FAUX
En réalité, la situation diffère selon les territoires. En Nouvelle-Calédonie, à Wallis-et-Futuna, en Polynésie, à Mayotte, sont pratiquées des langues autochtones, c’est-à-dire les langues en usage avant la colonisation. A La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, on parle en effet créole, mais, si tous sont à base française, ils diffèrent selon le lieu.

A noter deux situations particulières. En Guyane cohabitent plusieurs créoles et des langues amérindiennes. A Saint-Pierre-et-Miquelon, seul le français est en usage, après l’éradication totale des populations locales et la disparition des langues régionales parlées originellement par les colons.

Outre-mer, on parle partout français. FAUX
Le français est partout la langue officielle ; il n’est pas pour autant systématiquement la langue d’usage. Certes, beaucoup d’Ultramarins sont bilingues, mais certains ne parlent pas du tout français. "La proportion de francophones varie énormément d’un territoire à l’autre, indique la sociolinguiste Valelia Muni Toke. Elle est évaluée à 100 % à Saint-Pierre-et-Miquelon, à environ 75 % à Wallis-et-Futuna et autour de 50 % à Mayotte."

L’Etat rechigne à en tirer les conséquences. S’il est tenu de prévoir des interprètes dans les tribunaux (à défaut, les procédures courraient le risque d’être invalidées), tel n’est pas le cas des trésoreries, des écoles ou des hôpitaux, ce qui pose souvent des problèmes. "Certains malades ne comprennent pas les prescriptions des médecins !", reprend Valelia Muni Toke. Heureusement, le bon sens domine parfois. En Guadeloupe, en Guyane ou ailleurs, les usagers et les agents recourent spontanément aux langues locales.

Ces langues sont moins en danger que les langues de métropole. VRAI
Globalement, c’est exact, car le taux de locuteurs est beaucoup plus élevé outre-mer qu’en métropole. Il est ainsi estimé à 90 % pour le wallisien (les 10 % restants étant des métropolitains).

Pour autant, ces langues présentent des signes de fragilité dans la mesure où aucune ne dispose d’un statut officiel, celui-ci étant systématiquement réservé en français. Par ailleurs, il s’agit souvent de langues pratiquées par des communautés réduites. Plusieurs des vingt-huit langues recensées en Nouvelle-Calédonie sont ainsi menacées.
" [...]

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Egalement au sommaire de la Lettre :

  • Un témoignage saisissant sur l’enseignement du français en Guyane
  • Un prestigieux concours international d’éloquence en français
  • Pour l’Eurovision, la France choisit une chanson en partie... en anglais.
  • Bretagne les défenseurs du gallo se mobilisent.
  • A Périgueux, une salle de sport... en occitan

A ECOUTER

  • Un entretien avec Valelia Muni Toke : cette linguiste est l’une de celles qui connaît le mieux les langues d’outre-mer, dont elle expose ici les principaux enjeux. Et elle a l’avantage d’être très claire !

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Publié le 2 mars 2020
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