L’approche contrastive ou le détour par les langues autres dans l’enseignement-apprentissage du français en France demeure encore à explorer pour ce qui est du français langue première. Or cette approche apparaît d’autant plus pertinente que le répertoire linguistique des apprenants est souvent riche d’autres langues que le français.
C’est en particulier le cas des apprenants des territoires ultramarins où le plurilinguisme actif est de règle : les monolingues en langue française sont minoritaires, car une majorité de Martiniquais, de Guadeloupéens et de Réunionnais emploient le créole. Mais cette réalité plurilingue concerne également la France métropolitaine.
Ces langues « autres » sont tout d’abord celles de la famille, apportées par l’expatriation et la migration : l’arabe dialectal, le berbère, le mandarin, le turc, etc. Ce sont aussi les langues étrangères, l’anglais au premier chef mais également l’espagnol, l’allemand, l’italien, le portugais, etc., toutes langues secondes ou tierces enseignées dans le système éducatif.
De fait, quasiment tout locuteur dispose d’un répertoire linguistique complexe et évolutif, constitué de langues acquises selon des modalités différentes, utilisées de manière souple et maîtrisées à des degrés divers. Le projet d’éducation plurilingue conçu entre autres par le Conseil de l’Europe est de développer ce répertoire et, en particulier, de créer des transversalités pour « promouvoir un enseignement des langues les faisant interagir entre elles », selon l’une des formulations du Conseil de l’Europe (2022, p. 7).
Un des moyens de réaliser cette éducation plurilingue est de mettre les connaissances méta)linguistiques et (méta)communicatives acquises pour une langue au service de l’appropriation d’une ou de plusieurs autres langues.
Le présent colloque se propose d’explorer les potentialités pédagogiques de ce recours à la multiperspectivité que permet la comparaison avec les langues ’’autres’’ pour enseigner le français, y compris en primaire et au collège.
Appel à communications jusqu’au 30 avril.